La qualité du service rendu doit être au coeur des discussions pour la délivrance des habilitations

Les subventions d’investissement s’inscrivent dans la continuité et n’appellent pas de remarques particulières.

Pour les conventions d’habilitation, il est écrit que les tarifs sont fixés sur la base de validation annuelle des budgets.

Ne serait-il pas souhaitable d’évoluer vers une fixation des tarifs selon un contrat pluriannuel d’objectifs et de moyens (CPOM) qui s’inscrirait dans une orientation de coproduction en fonction de l’analyse des besoins ?Certainement la démarche la plus sûre pour obtenir l’adéquation entre objectifs et moyens lissée sur trois ans.

Cette orientation a été soulignée par plusieurs acteurs lors de l’audition que nous avons organisée le 10 juin dernier et dont nous vous ferons parvenir le compte-rendu avant le prochain conseil. Concernant les places en établissements avec une habilitation à l’aide sociale, il est rappelé ici qu’elles représentent aujourd’hui 65% du parc disponible dans le secteur personnes âgées.

Il faut veiller d’une part à maintenir un niveau suffisant pour garantir un accès aux publics les plus modestes et d’autre part à la solidarité territoriale pour l’organisation spatiale des places habilitées.

En l’espèce, la mixité des établissements doit davantage être recherchée dans l’équilibre des niveaux de dépendance, celui des groupes iso-ressources est un facteur déterminant du bien vivre.

Les établissements sont au cœur des mutations qui affectent la manière dont les femmes et les hommes d’aujourd’hui gèrent le vieillissement. Progressivement l’entrée en maison de retraite, y compris en EHPAD, relève d’une démarche personnelle, les futurs résidents sont de plus en plus acteurs de leur démarche.

A ce titre, ils et elles sont demandeurs de nouvelles formes de participation qui constituent autant d’atouts qu’elles font naître des contraintes nouvelles.

Car ce qui est en cause est bien la qualité du service rendu dans un contexte de contraintes financières. Les établissements ne sont plus l’unique et ultime alternative pour l’accueil des personnes âgées, mais par leurs modes de fonctionnement et leur capacités d’ouverture sur l’environnement , ils se doivent de préfigurer les évolutions à venir. Et cela n’est possible que si les moyens d’y parvenir existent : en personnels, en équipements, dans la mutualisation des services internes et externes. (une mutualisation dont les avantages et inconvénients doivent être mesurés).

Comment la Métropole s’assure-t-elle de la qualité de la prise en charge ? Quels éléments prend-elle dans la tarification pour permettre aux établissements d’assurer une politique de professionnalisation avec du personnel qualifié ? Quel moyens autres qu’administratifs se donne la Métropole pour apprécier la qualité effective des prestations ?

Permettez-moi d’insister sur les moyens existants aujourd’hui dans les établissements pour personnes âgées. Comment assurer l’ensemble des services indispensables alors que les effectifs sont souvent en limite de charge. Aujourd’hui, selon Bernard Devers, le ratio moyen personnel/hébergé est de l’ordre de 0,54. Il est impossible de descendre en dessous de ce seuil, il suffit de voir la situation dans la plupart des maisons durant le week-end pour se rendre compte de la tension. Pour comparaison, les pays nordiques ont un rapport de 1 pour 1.

La préoccupation de la qualité est aussi une question économique, elle doit à terme être regardée à la lumière de son impact social. Celui-ci ne porte pas uniquement sur les coûts évités mais également sur les bénéfices nets d’une gestion saine et sociale. Ce qui n’est pas contradictoire.

Pour conclure, une proposition : la Métropole pourrait ouvrir une voie nouvelle dans l’approche qualitative qui est cadrée d’une manière très générale par le code de l’action sociale et des familles. Au delà des rapports annuels exigibles ou en compléments de ceux-ci un questionnaire en direction des trois composantes principales des CVS (professionnels, résidents et familles) apporterait un éclairage sur l’évolution des besoins et permettrait de détecter en amont les facteurs de déséquilibres. Car c’est bien dans les détails que se trouve l’essentiel : l’adaptation et le remplacement des équipements (literie, appareillage,…), l’aide dans les déplacements, la prise de médicaments, la qualité des protections, le passage des personnels et l’isolement ressenti, la veille de nuit,… et c’est sur ces détails que la Métropole mesurera la qualité. Ce dispositif de veille et de suivi ne représente pas un coût supplémentaire mais un gain certain.

Je vous remercie de votre attention.

Délibérations 2015-0390 et 0391: dispositifs d’aide à l’investissement des personnes âgées / établissements et services pour personnes âgées et handicapées

 

Lettre ouverte - une réflexion de fond sur les squats et les bidonvilles

Monsieur le Préfet du Rhône et de Région,

Monsieur le Président de la Métropole,

Depuis plusieurs années, la permanence d’installations d’habitats précaires (squats et bidonvilles) sur le territoire des communes de la Métropole est un fait, et nous ne pouvons que le déplorer. Ces lieux sont occupés par des personnes et familles qui vivent dans des conditions d’hygiène et de sécurité indignes. Ils sont aussi la source de problèmes environnementaux (gestion des déchets, activités de ferraillage) et peuvent provoquer un sentiment d’insécurité pour le voisinage.

En tant qu’élu-e-s, nous sommes sollicité-e-s par des citoyens dont les demandes oscillent entre le rejet et les attentes de plus de solidarité. Nos collectivités interviennent avec les moyens dont elles disposent pour endiguer les effets négatifs de cette situation. Mais, d’une manière continue, elles assistent à la reproduction, mois après mois, de situations identiques que l’Etat seul ne peut endiguer : chaque évacuation provoquant une nouvelle installation dans un mouvement permanent. Les exemples récents permettent même de craindre un élargissement du public concerné.

C’est pourquoi il nous parait nécessaire aujourd’hui que l’installation de la Métropole, collectivité de plein exercice, soit l’occasion d’engager, en concertation avec les services de l’Etat, une réflexion de fond sur cette question qui touche de nombreux domaines de l’action sociale et des politiques de solidarité et du logement.

Deux occasions fortes pourraient être saisies dans cette perspective : d’une part, l’élaboration du nouveau Plan Local d’Action pour le logement et l’hébergement des populations défavorisées -issu de la fusion entre les PAHI et les PDALPD dans le cadre de la loi ALUR- qui sera élaboré conjointement par la métropole et l’État ; et, d’autre part, la révision du PLU-H.

Ces deux documents permettent en effet le cadrage de l’action de la Métropole dans les domaines que nous venons de citer. Ils offrent la possibilité de dessiner une nouvelle approche à partir des moyens du droit commun et des dispositifs spécifiques prévus par les textes, notamment en termes de moyens administratifs et financiers. D’ores et déjà, nous pouvons évoquer, à titre d’exemples :

  • les Maîtrises d’œuvre urbaine et sociale avec les financements dédiés de la délégation interministérielle à l’hébergement et à l’accès au logement (DIHAL) dans le cadre défini par la circulaire d’août 2012,
  • les opérations de Résorption de l’habitat insalubre, sur décision du préfet, avec les possibilités offertes par l’ANAH depuis 2010,
  • les réalisations spécifiques qui peuvent bénéficier des aides des fonds structurels européens et des programmes spécifiques de l’Union.

Ainsi, ce sont bien des financements de l’État et de l’Europe qui peuvent être mobilisés sur ces actions.

Cette réflexion devra également porter sur la réactualisation de la fiche 57 du premier PLH (Programme Local de l’Habitat) qui, déjà en 2007, ouvrait une perspective pour une connaissance plus précise des situations, seul moyen de donner une base forte aux actions.

Nous pensons également que la réflexion devra être élargie à la dimension régionale. En effet, de même que les mouvements des populations vulnérables ne se limitent pas toujours à celles de nos territoires, l’exercice des solidarités dépasse lui aussi ces frontières. De plus, et surtout, la Région est, depuis le 1er janvier 2015, en charge de la gestion d’une grande partie des Fonds structurels (FSE, FEDER et FEADER) auxquels nos collectivités et les acteurs locaux peuvent faire appel.

Pour finir, nous estimons que, pour engager cette réflexion, notre territoire bénéficie de l’expérience et des capacités de nombreux acteurs institutionnels et associatifs. La démarche que nous proposons permettrait, par une réflexion partagée entre l’Etat, la Métropole, les communes et les autres acteurs concernés, d’élaborer des solutions qui peinent aujourd’hui à émerger. Elle pourrait ainsi répondre aux inquiétudes des personnes et familles concernées directement ou indirectement, et aux difficultés rencontrées par les collectivités.

Nous sommes à votre disposition pour échanger sur ces propositions et contribuer à une démarche constructive, notamment dans le cadre du débat à engager sur la construction de la métropole solidaire.

Dans l’attente d’une rencontre prochaine, nous vous prions de recevoir, Monsieur le Préfet du Rhône et de Région, Monsieur le Président de la Métropole, l’expression de nos salutations distinguées.

Bernard GeninPrésident du groupe des élu.e.s Communiste Parti de Gauche et Républicain  

Nathalie Perrin-Gilbert

Présidente du groupe des élu.e.s du GRAM à la Métropole de Lyon

 

 

Thérèse Rabatel

Présidente du groupe des élu.e.s Lyon Métropole Gauche Solidaire

 

Pierre Hémon

Président du groupe des élu.e.s Europe Ecologie Les Verts de la Métropole de Lyon

Le GRAM demande un audit de fonctionnement sur la société Vortex au Président de la Métropole

La Métropole a conclu une convention avec la société VORTEX pour faire suite à celle qui liait la dite-société au Département du Rhône. Cette convention est conclue à compter du 1er janvier 2015 pour 19 mois, soit jusqu’au 31 juillet 2016. Cette convention encadre le transport des élèves et étudiants en situation de handicap sur le territoire de la Métropole.

Le Département du Rhône relève, par courrier du 7 mars 2014 adressé au Président Directeur Général de la société, une série impressionnante de manquements aux obligations du contractant : « Il apparaît qu’un nombre important de services facturés au Département n’ont pas été effectués. En effet, sans que cette liste soit exhaustive, les manquements qui suivent ont été relevés : » suit une liste de 5 items. Il est ajouté : « des manquements contractuels, affectant la qualité des services, principalement la durée excessive des trajets imposés à certains usagers, ont également été constatés ».

Malgré cela un mois plus tard, le 11 avril 2014, la société reçoit un avis favorable pour l’attribution du marché de transport des élèves et étudiants « parce que son offre est la mieux classée ». Quelques pièces complémentaires sont demandées pour la conclusion effective. Notament les justificatifs concernant les travailleurs étrangers. Par contre, aucune mention n’est faite de l’obligation qui s’impose pour les dits-salariés de détenir le permis TARS[1] prévu par les textes pour les transports qui font justement l’objet de la convention. Il n’est pas davantage question de l’obligation de fourniture de l’extrait de casier judiciaire.

C’est donc dans ces circonstances et avec ces conditions que la Métropole endosse,au 1er janvier 2015, les responsabilités qui découlent de ce contrat en matière d’efficience comme sur le plan de la sécurité.

Les interrogations qui résultent naturellement de la proximité des dates entre un courrier d’alerte très sérieux et la signature d’une convention qui ne semble tenir compte que du montant des prestations nous posent question. C’est ce que nous avons souligné lors de notre intervention en séance, le 15 décembre 2014.

Concernant la délibération 0465, relative aux modalités d’exercice afférant au transport des élèves handicapés, il s’agit de savoir si les relations établies avec le prestataire actuel seront maintenues et dans quelles conditions ? Il semble en effet utile, lors des appels d’offre pour des services rendus à un public « vulnérable », de prévoir des critères spécifiques de qualité, notamment pour l’encadrement et le suivi du personnel intervenant, les conditions de travail, la convention collective… de noter la qualité au même niveau que le prix.

Depuis cette date, de nouvelles informations nous sont parvenues. En particulier un courrier adressé par l’Inspection du Travail le 13 avril 2015. Il est demandé à la Société VORTEX de justifier des mesures prises pour « régulariser » une situation préjudiciable pour les salariés sur plusieurs plans : paiement des cotisations de mutuelles, rémunérations, encadrement du système de géo-localisation.. et in fine il est demandé « de régulariser une situation pouvant être qualifiée de travail illégal par dissimulation d’heures ».

La collecte de ces informations montre des dysfonctionnements graves, qui affectent la qualité du service et constituent une source de danger potentiel pour les usagers :

- Dans le domaine du statut des personnels : absence de contrôles et de garanties sur les l’habilitation (contrôle médical et des antécédents judiciaires) et les capacités (formation indispensable à la spécificité du transport de personnes en situation de handicap).

- Dans le domaine des ressources humaines : le respect des obligations édictées par le code du Travail se pose concrètement à partir des témoignages d’innombrables salariés et des interventions syndicales qui évoquent une brutalité managériale et du harcèlement.

- Pour le respect des engagements contractuels : les rappels à l’ordre successifs ne sont pas suivis d’effets. La décision de maintenir et de renouveler la convention par le Département pose question car l’absence de garanties atteint un niveau peu commun.

La responsabilité de la Métropole est engagée. Les témoignages montrent que le service n’est pas à la hauteur de ce que nous sommes en droit d’attendre. Les risques potentiels sont également très présents et la sécurité n’est pas garantie par l’application des règles minimales (comme ce fait qui nous est signalé du transport de 9 enfants en situation de handicap dans un fourgon 9 places. Soit 10 personnes dans le véhicule ce qui nécessiterait un permis D, et surtout un enfant non attaché. Ou encore un « ramassage » collectif qui entraîne une durée de 1h30 pour le premier usager au lieu des 45mn maximum prévues).

Si l’attente de la fin de la période qui engage la Métropole est une option avant une éventuelle non-reconduction, le délai d’un an qui reste à courir peut aussi être celui où nous devrons assumer les conséquences de la non application de la convention dont nous ne maîtrisons pas la conduite effective. Notre inquiétude est renforcée par la situation du personnel mis en difficulté par les pratiques de la direction, par la multiplication des témoignages des usagers et d’autres acteurs comme par les plaintes et les actions en justice engagées dans d’autres départements.

Les signes d’alerte sont suffisants pour motiver la demande urgente d’un audit de fonctionnement.

 

 

[1] Extrait de l’article R221-10

(..) III.-La catégorie B du permis de conduire ne permet la conduite :

1° Des taxis, des voitures de tourisme avec chauffeur et des voitures de remise ;

2° Des ambulances ;

3° Des véhicules affectés au ramassage scolaire ;

4° Des véhicules affectés au transport public de personnes,

que si le conducteur est en possession d’une attestation délivrée par le préfet après vérification médicale de l’aptitude physique.

 

Appels d’offre pour les services rendus à un public “vulnérable” : intégrer des critères de qualité au même niveau que le prix

Ces trois délibérations portent sur des conventions qui engagent la Métropole sur des questions qui jusque-là relèvent du Département. Elles ont toutes un caractère temporaire renouvelable, en d’autres termes, elles doivent ouvrir une période de réflexion et d’élaboration. Or la délibération sur le RSA et l’insertion que nous examinerons plus tard, prévoit les modalités de mise à profit de la période transitoire, nous n’avons pas encore ici de propositions , un modus operandi dans ce domaine alors même que chacune de ces délibérations soulève des questions importantes.

  • La délibération 0465, relative aux modalités d’exercice afférant au transport des élèves handicapés a déjà été abordée par Mme Rabatel. Il faut être attentif aux relations établies avec le prestataire actuel et à leur devenir.

    Comment prévoir lors des appels d’offre pour des services rendus à un public « vulnérable », des critères spécifiques de qualité, notamment pour l’encadrement et le suivi du personnel intervenant, les conditions de travail, et comment noter la qualité au même niveau que le prix ?

  • Concernant la délibération 0466, fixant les modalités de mise en œuvre des mesures d’accompagnement social personnalisé sur le Territoire du Département et de la Métropole, il y a aujourd’hui un enjeu qui n’est pas anedoctique de reconnaissance et de valorisation des métiers des techniciens de l’intervention sociale et familiale du secteur associatif qui est sollicité pour les mesures d’accompagnement social. La loi d’adaptation de la société au vieillissement apporte des perspectives d’évolution qui devront être prises en compte.

  • Concernant la délibération 0467, relative aux modalités de calcul et de versement de la dotation globale dépendance pour les établissements d’hébergement de personnes âgées dépendantes, il s’agit de prendre en compte la situation présente et de prévoir d’ores et déjà les évolutions possibles et nécessaires à un moment où les EPAHD sont confrontés trop souvent à des difficultés importantes de fonctionnement en sous-effectif, d’absence de personnel infirmier de nuit, de difficulté à conserver un personnel qualifié…

Ces difficultés doivent être examinées avec d’autant plus d’attention que l’évolution des EPAHD les conduit à accueillir un nombre de plus en plus important de personnes en perte d’autonomie.

Le projet de loi relatif à l’adaptation de la société au vieillissement qui a été voté à l’Assemblée en première lecture le 17 septembre 2014 prévoit une revalorisation des plafonds des plans d’aides pour l’ensemble des bénéficiaires de l’APA. Cette revalorisation est significative : 30% pour les personnes en perte très importante d’autonomie (GIR 1), 23% en perte importante d’autonomie (GIR 2), 19% en perte d’autonomie plus faible (GIR 3 et 4).

Dans le fil de cette nouvelle loi dont nous attendons l’entrée en vigueur en juin 2015, la réflexion de la Métropole devra porter sur les différentes modalités d’adaptation de notre collectivité au vieillissement en prenant en compte les trois aspects que la loi nous propose de mettre en avant : Anticipation et prévention, Adaptation de la société et Accompagnement des personnes.

Cette loi a ceci de particulier qu’elle met en œuvre une approche globale, transversale et que sa réussite repose comme ce fut le cas pour la loi Besson sur le logement, sur la mobilisation de tous les acteurs autour d’objectifs communs. C’est une belle occasion à ne pas manquer.

C’est aussi avec cette préoccupation que nous votons ces trois délibérations.

André Gachet

Délibération 0465-0466-0467- Personnes âgées et personnes handicapées - modalités d’exercice afférant au transport/modalités de mise en œuvre des mesures d’accompagnement social/modalités de calcul et de versement de la dotation globale dépendance